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- Dans les hauteurs de Rosamundland, je connais une cathédrale en carton pâte, un trompe l’œil ramolli par l’humidité et le smog. Les tentes des bateleurs s’y blottissent, les aboyeurs y abondent, ainsi que les cracheurs de feu et les dresseurs de puces. J’y ai même une amie qui s’y cambre, souple comme une ronce, au fil de subtiles danses exotiques, dans une de ces tentes cirées et poisseuses qui s’appuient entre des colonnades creuses. Décor d’opérette, j’ai usé ma gabardine contre tes murs sans relief. J’ai frissonné quand le vent faisait trembler tes perspectives plates et que les bourrasques de mars gonflaient tes chantournés de toile comme les voiles d’un navire, retenues par leurs étais.  J’ai partagé mes ivresses avec tes gargouilles en toc, et pourtant tu ne restes qu’une façade, un trompe l’œil en deux dimensions, un carton bariolé, tout juste bon à habiter le fond des scènes de théâtre, et  qui ne s’ouvre que sur du vide.

Un soir, cependant, j’y ai trébuché sur un enfant de chœur tremblant de froid, un vieillard, les cuisses maigres, la peau tavelée de brun, recroquevillé dans  une chasuble bien trop petite pour lui et qui s’usait les ongles contre la porte peinte. Alors que je m’approchais, ma chopine à la main, j’ai vu qu’il pleurait comme un enfant giflé, sanglotant qu’il regrettait ses bêtises, et qu’il voulait retourner avec ses frères, se blottir, au chaud, dans le transept… J’étais sans doute trop saoul, pourtant, il m’a semblé deviner de la lumière derrière les vitraux de gouache, et tandis que je faisais, en clopinant, le tour du trompe l’œil, pour m’écrouler dans les herbes folles, derrière le décor peint, j’ai cru entendre monter un chant liturgique, tout de suite avalé par les aboiements des forains qui pliaient bagage.

- Candyfloss Square est un jardin somme toute assez classique de Rosamundland : des arbres en barbe à papa, des sucettes en sucre candy en lieu et place des fleurs, une rivière en chocolat sur laquelle voguent des cygnes majestueux… bref rien que de très normal pour le quartier. Certes, la plupart des nounous venant promener ici la riche progéniture dont elles ont la garde, retirent d’un grand coup sec le marmot s’apprêtant à croquer le magnifique sucre d’orge multicolore et poussent un « rooh ! Ce n’est que du faux » agacé. Si ceux qui ne voient pas à travers le Voile Gris savaient que les sucreries sont bel et bien réelles, sans doute que ce merveilleux jardin se transformerait rapidement en un chaos désertique peuplé de vandales diabétiques. Et il est tout naturel que les gardiens fassent la chasse aux Septièmes Enfants, ces misérables petits vauriens qui n’ont que faire que les gourmandises soient factices et qui se goinfrent de coton rose ou de résine colorée !

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