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La goutte de sueur glisse le long de mon biceps et s’attarde dans les méandres de mon coude. Je suis sa course ruisselante, jusqu’à ce qu’elle se perde sur le métal sans vie de mon avant bras. Enharnaché comme un cheval, je fais porter mon poids en avant et à grande foulée de lutteur, je tente de suivre le pas aérien de maître Philéas entre les dunes. Ombre grise sous la lune, il oscille et hésite, s’agenouille auprès d’une de ces gerbes de poils érectiles qui se cambrent sous le vent. Tout absorbé qu’il est par sa tâche, il ne se retourne que rarement, se baisse, prend le pouls de la chose, l’oreille collée contre une veinule. Il me fait l’impression d’être une puce sur le dos d’un géant des origines. Il est la seule silhouette qui bouge dans ce paysage lunaire. Silencieux nous escaladons une dune de chair, un énorme bourrelet de la Chose qui se hérisse de chair de poule au contact de nos pas. Dans son armure de rigidité scientifique, Philéas est intéressé par le phénomène et ralentit le pas, alors que moi à ma grande honte, je n’ai qu’envie de courir. S’il faisait jour nous serions morts.

 

Je ne sais pas ce qui a pu donner naissance à telle monstruosité. Les réfugiés que nous avons rencontrés, spectres efflanqués accrochés aux ruines de leurs villes, ont tous une version différente de l’aberration qui les a transformés en naufragés urbains. Ils nous ont parlé d’expériences inédites, de revanche à une guerre passée, de test d’armes chimiques qui aurait dégénéré. D’autres invoquent le châtiment divin, ou la pire des sorcelleries. Les plus nombreux, résignés, ont accepté de ne rien y comprendre, et se contentent de survivre, accrochés à leur passé.Ils nous ont accueillis dans leurs refuges, sur les toits terrasses, au sommet des clochers, dans les combles des fermes au milieu du foin et des cages à poules, le plus loin possible du sol et de l’appétit de la Chose. Blafards, en loques, ils ne sortent qu’à la nuit, quand le monstre dort, explorant les ruines à la recherche de réserves oubliées. Le jour, tous se blottissent les uns contre les autres, espérant passer inaperçus. Le soleil réchauffe doucement le sang de la Chose qui s’étire et se réveille, en faisant trembler les bâtiments. Elle a faim. Le million de gens qu’elle a digérés dans ses premières minutes d’existence ne lui a pas suffit. Seuls ont survécu ceux qui traînaient dans les étages. Des milliers de familles furent anéantis en un instant… Après le jeu commença.

 

Qu’il soit animal ou humain, malheur à celui qui fait vibrer l’épiderme du Monstre, ou qui frôle ses poils fourchus. L’enfer s’ouvre sous ses pieds dans une odeur de charogne et il disparaît, happé, ajoutant ses cellules à l’organisme cancéreux et infanticide qu’est devenu leur pays nourricier. Parfois Elle les cherche... De grands reniflements sonores, le sol qui tremble et c’est la panique, la fuite sur les toits alors qu’à grands crissements de dents Elle mastique les fondations et ronge la pierre fatiguée des bâtisses. Mais il y aura toujours d’autres perchoirs. Jusqu'à ce qu’Elle ait tout rongé…

 

Quelques marches à peine, une échelle ou quelques mètres de corde voilà tout ce qui sépare les réfugiés de l’Ogre.

 

Pourquoi sont-ils restés ? Quel attachement déraisonné à leur quotidien et à leurs racines les pousse à jouer à chat perché avec la mort ? Beaucoup disent protéger leur cité contre des pillards qu’ils chasseraientà grands jets de pierres, mais qui serait assez fou pour venir ici, pour braver un pays tout entier devenu une Chose sanguinaire et affamée ? Il faut croire que nous sommes dérangés ou suicidaires… Pourtant, je puis vous assurer qu’autant Philéas que moi-même avons de solides raisons de rester en vie. De ravissantes raisons même…

 

Un coup de vent violent m’arrache à mes rêveries et m’écartèle. Ce fichu harnais est un carcan de douleur qui me force à m’arc-bouter pour garder les pieds sur terre. Ancre vivante j’essaye de me planter dans le sol tavelé de brun, tandis qu’au bout du filin, à trois cent mètres au-dessus du sol, le ciel jongle avec mon ballon… Philéas se rue sur moi et tire de toutes ses maigres forces. « Il faut trouver un point où amarrer le dirigeable en attendant que ça se calme, me corne-t-il dans les oreilles ! ! ! » A quatre pattes, je reprends mon souffle à grande lampée d’air nocturne.

 

 

 

Le projet Damoclès. Joli nom pour une folie. Une lame de plusieurs tonnes, enchantée savamment par Bellisama et suspendue à des ballonnets, le tout accroché à mon vieux squelette, voilà à quoi tient la survie d’un pays. Mais comme dit maître Philéas, tout organisme vivant a des organes vitaux. Le tout est de savoir où, et de frapper au bon endroit. Après tout, nous n’aurons droit qu’à un seul coup, il vaudrait mieux qu’il soit fatal. Sinon… Sinon la Chose continuera sa croissance et digèrera les territoires voisins. Quant à nous, il est plus que probable que la douleur réveille le Monstre et que je devienne un des amuse gueule de mon dernier apéritif.

 

 

 

C’est un ancien château d’eau, à deux pas d’un village fantôme. Nous nous sommes réfugiés sous sa cuve envahie par le lierre. Les amarres du dirigeable, nouées autour d’un pilier, se plaignent en craquant, comme mes articulations. Malgré les soins de mon ami, le baume camphré et les mixtures diverses que j’ingère en cachette, je me sens comme crucifié. Ma carcasse de colosse cacochyme semble sur le point de s’effondrer, asphyxiant mes organes sous un chaos osseux. J’ai toujours eu une sourde angoisse à ce sujet. Depuis cette visite à une rebouteuse des Vosges, amie de ma grand mère, l’enfant chétif que j’étais n’a plus cessé de s’allonger et de prendre de la masse. Mon age avancé n’a rien changé à la chose. Je redoute le jour où, ayant dépassé les limites que nous impose la nature, j’entendrai céder la clef de voûte de ma cage thoracique, juste avant que je ne m’écroule vers l’intérieur de mon être, comme si je me dévorais moi-même. Ce corps que j’habite ressemble finalement beaucoup au Monstre dont je projette le froid assassinat. Quant à mon compagnon c’est son esprit qui est au supplice. Recroquevillé dans son hamac, il recoupe et brasse sans cesse ses informations, compulse les chiffres et compare les relevés. Température, tensions ou rythme cardiaque, tout est bon pour localiser le talon d’Achille du Monstre. La migraine comme seule assistante, il essaie de prévoir où chercher, où jouer le prochain coup. Il compare avec les cartes du pays d’avant la catastrophe, pour nous prévoir un refuge chaque matin et je le sais qui croule sous les choix difficiles et les responsabilités, tandis que moi, phénomène de foire, je n’ai qu’à faire l’âne et remorquer ce fichu ballon jusqu’à son terminus.

 

 

 

Nous n’avons dormi que quelques heures et déjà la lune se rit de nos errances, son œil pâle étiré par l’amusement et la rotation des astres. Dans le vent qui nous fouette, le dirigeable est si rétif que j’ai l’impression de tirer la voûte céleste toute entière. Tel un Atlas d’opérette, je suis le titan fatigué qui donne son élan à tout cet équipage clignotant d’étoiles et de comètes, qui viennent danser devant mes yeux comme pour se moquer de mon orgueil. Philéas avance plié en deux, le stéthoscope sur les oreilles, prédateur analyste, méthodique. Il m’a semblé fébrile lors de notre départ. Peut être touchons-nous au but.

 

Peut être est-ce la fatigue, peut être le fait qu’ils viennent contre le vent, de toute façon il est trop tard quand je les remarque. La morsure d’un poignard dans mon épaule me ramène violemment à la réalité. Je vais leur montrer que je ne suis pas encore bon à rien. Je me contente de me laisser entraîner brièvement par le vent et par le ballon, m’arrachant à mon agresseur. Devenu aérolithe, je noue mes cuisses autour de son cou. Mortelle étreinte. Indifférent à ses piqûres au travers de mon pantalon de cuir épais, je lui tords la nuque d’un mouvement de hanche, l’obligeant à se retourner. Ils sont une vingtaine, hagards et en loques, le regard assassin, l’écume aux lèvres, leurs haillons raidis sous le sang en croûtes brunes. Mon arbalète a répétition a comme bondi de sa propre volonté sur ma main artificielle, et déjà elle picore la piétaille à grandes volées de dards de frêne, envenimés d’acier. Cavalier improbable, je surplombe la mêlée, étranglant ma monture entre mes jambes. Philéas est déjà à la rescousse, souple comme un roseau, il oscille et se faufile entre les coups. Un chardon gris hérissé de piquants, voilà ce qu’il est. Un glaive dans chaque main et le dernier entre les dents, son style à trois lames décontenance les assaillants. Surpris par notre résistance, ils se dispersent une première fois, nous étudiant à quelques mètres. L’homme sur qui je me suis aller me percher plie les genoux et agonise. Je laisse choir mon arme déchargée et vais me placer dos à dos avec Philéas. Le temps s’étire. Quatre corps gisent sur le sol. Les survivants semblent indifférents. Lentement ils nous encerclent. J’ai du mal à croire que certains puissent rester debout malgré leurs blessures. Je ne sais quelle flamme les anime, mais ils saignent en silence, bouches ouvertes, avides. L’un d’eux a laissé la trace de ses dents à ma cheville, avant que je lui brise plusieurs os du crâne à coup de crosse. Pourtant il grogne encore, et se relève pour prendre son élan. Deux autres se disputent l’honneur de dévorer la main d’un troisième, que mon compagnon a tranchée. Quelle parodie d’humain est-ce là ? Les veines palpitent, gonflés sur leur tempe, leur langue claque agité d’un désir animal et féroce.

 

Alors que, prêt à l’affrontement, je resserre mon étreinte autour de la poignée de ma colichemarde, une détonation sèche retentit. Puis une autre. Deux énergumènes s’écroulent, la tête en sang. Vivants ou morts, les autres s’en saisissent et déguerpissent sans demander leur reste. Glapissant entre les dunes, ils disparaissent vers une improbable destination. Je tends le cou pour discerner d’où nous viennent ces renforts inattendus, silhouette incongrue qui se rapproche, comme boiteuse, sur trois pattes longilignes. La Chose frémit alors que je me baisse et que mes doigts hésitants frôlent son épiderme à la recherche de mon arbalète. « Trop de sang versé, trop de vibrations. Nous devrions nous éloigner au plus vite, chuchote Philéas ». Notre ange gardien est là en quelques enjambées de ses longues échasses. C’est un homme brun, hirsute et barbu, comme naufragé dans un océan de frusques devenues trop grandes pour lui, le regard enfoui sous un tricorne défraîchi. Les flancs battus par ses cartouchières de cuir, il s’appuie sur sa longue carabine pour se pencher jusqu’à nous, alors qu’un frisson passe comme une vague sur la chair abjecte de la Bête. « Suivez moi. » Ces deux mots râpeux ont du mal à franchir la barrière trop longtemps fermée de ses lèvres tandis que ses yeux se chargent de larmes, vites balayées d’un grand revers de manche. Le vent s’en prend à nouveau à nous. Il avance penché, comme cassé en deux, une main retenant son chapeau, l’autre crispée sur le canon de son arme, devenue béquille de fortune. Le sang gronde à mes tempes, alors que mes jambes se dérobent sous moi. Je hais ce foutu zéphyr, il n’aura fait que jouer avec ma carcasse, comme avec un hochet. Si je dois finir le voyage à quatre pattes, j’irais pisser contre la façade du temple du Nuage, à Laelith…

 

Au début, j’ai pensé que c’était un chaos rocheux. Mais c’est une énorme croûte, une ravine encombrée de sang coagulé que nous escaladons. « C’est mon œuvre, annonce notre mystérieux guide, je voulais La crever, qu’Elle agonise dans son jus.

 

- Et les goules qui nous ont assaillis ?

 

- Des chapardeurs macabres, je leur avais prédit qu’ils finiraient mal. Ils utilisaient des anesthésiants pour se tailler des jambons sanguinolents à même la Bête, avant de se carapater loin de la plaie béante et de s’étourdir jusqu’au matin en de carnivores bacchanales… Le goût du sang leur aura fait perdre la raison…

 

Il s’arrête, et nous dévisage, les mâchoires crispées…

 

-Je vous ai observé longtemps… Vous êtes médecin, hein ? Le stéthoscope, tout ça… Vous examinez la Chose ?

 

Philéas a à peine le temps d’acquiescer que déjà l’échassier reprend.

 

- Vous n’auriez pas vu comme des taches brunes sur la peau de la Chose… Des problèmes de pigmentation, des marques de naissances ? Je demande ça…Comme vous avez l’air de l’observer vous aussi…

 

Ses deux petites mains pétrissent avec embarras son tricorne de feutre.

 

-C’est ma femme, comprenez… Elle a disparu avec les premiers…

 

Les mots s’étranglent dans sa gorge.

 

- Je peignais, dans ma soupente. La lumière, vous savez, un peintre doit aller la chercher là où elle est… C’est pas que je l’ai laissée seule… Elle était sortie…Et puis il y a eu tout ce chambard… Les cris, la course vers les étages, l’odeur… Nom de dieu, l’odeur…

 

Il se frotte le nez à se l’arracher.

 

-Des taches, vous n’en avez pas vu sur le dos de la chose ? Parce que c’est ma femme. Elle les aimait pas, ça non. Mais moi je lui murmurais que c’était comme une carte au trésor, un secret pour nous deux… J’ai même pas eu le temps de lui dire que je l’avais trouvé, le trésor, que c’était elle, le butin de toute une vie de pirate…

 

-Je suis désolé, réponds mon ami, je n’ai rien vu de tel…

 

Le tricorne tombe sur le sol.

 

-Bah, souffle-t-il en épinglant son chapeau d’un coup de baïonnette… Y a pas à être désolé. Je vais juste continuer à chercher… C’est ça. Continuer…

 

Il nous tourne brusquement le dos, voltant sur ses échasses. Sa voix se durcit.

 

-Reposez vous ici jusqu’à la nuit, après je vous dirai où poignarder ce Monstre…

 

Courbé, le fusil en bandoulière, il escalade la pente, son pauvre couvre chef entre ses bras, comme s’il berçait un enfant…

 

La nuit est déjà bien avancée quand nous apercevons les collines jumelles. L’échassier nous les a décrites en peu de mots, comme si à nouveau la parole était devenu pour lui un exercice pénible. L’excitation de Philéas est tangible, il semblerait que nous touchions au but. Il a remisé ses instruments dans sa besace, l’observation directe lui parait certainement suffisante. Oubliant l’aube frémissante, il gravit avec avidité les derniers mètres, jusqu’au sommet. C’est une large étendue imberbe, tendue comme un ventre, d’une rotondité faussement accueillante. De cette hauteur du relief, dans les feux juvéniles de l’aurore, on peut apercevoir son double parfait, à quelques centaines de mètres. Le souffle me manque, tandis que Philéas s’agenouille et retire son gant. Au contact de sa paume, le paysage entier, tout à coup, s’éveille. La peau du monticule se plisse et ondule, pour glisser dans un froissement jusqu’au bas de la pente, alors que la colline toute entière se dérobe sous nos pieds. Je bondis, saisissant le docteur au vol. La corde se tend. Les ballons nous arrachent un bref instant à la gravité. Alors que nous touchons à nouveau le sol, force est de constater qu’il recouvert d’une épaisse humeur vitrée, qui nous englue les braies et nous fait glisser. Un organe colossal coulisse sous la glaire. Un globe pale, marqué en son centre d’un pupille fauve. Nous sommes sur un des yeux monstrueux de la Chose ! Le vent s’empare à nouveau du ballon et nous décollons. En contrebas l’œil pivote et nous cherche, nous suit dans notre vol empesé. C’est un enfer de bouches et de crocs qui s’ouvre sous nos pieds. Le souffle putride de la Bête nous gifle en de grandes embrassades moites, courant aérien qui nous fait monter encore davantage.

 

- Entre les deux collines, halète mon camarade.

 

J’ai entrepris l’ascension de l’écheveau de corde. En bas, des dents claquent et se referment sur nos ombres, cherchant à les déchirer. Les mètres se succèdent pour mes bras endoloris, tandis que Philéas s’accroche à moi, comme un opossum. La lente dérive de notre aérolithe semble parfaite, comme guidée par le destin. Mon compagnon vient de trancher la corde en dessous de nous, une des mâchoires du Monstre l’avait happée, et nous continuons notre course sans entraves. Je concentre les maigres forces qu’ils me restent, tandis que dans mon esprit tout se bouscule : l’odeur de charogne, les douleurs, les sanglots étouffés d’un veuf, nos propres trésors qui nous attendent. Ma main d’acier se referme sur le filet qui entoure le dirigeable.

 

-Il faut en garder un, comme planche de salut !

 

Une lame dans ma dextre, d’où sort elle déjà ? Je cisaille les mailles tandis que mon camarade s’agrippe à l’armature d’un des engins. La cage est ouverte, les ballonnets s’échappent comme des oiseaux trop longtemps gardés captifs.

 

-Maintenant !!!

 

Ma main artificielle coulisse, le fut de canon qui me sert d’avant bras me semble étrangement lourd tout à coup. Je tire avec les dents la lanière reliée à la détente. Un coup de tonnerre éclate, une pluie de feu, l’explosion des ballons. Le recul m’expédie violemment vers l’arrière, alors que la lame plonge, de toute sa masse, reliée à un bouquet de flammes. Mes moustaches s’embrasent. Le métal du glaive géant s’illumine, déchaîne ses enchantements, les tutélaires magiques défilent dans leur chute. Énorme, il frappe, les Chairs s’écarte pour le laisser passer. Comme un coin colossal, fouaillant viande et os, dans un déluge de sang, il s’immobilise, monolithe planté jusqu'à la garde entre deux grands yeux fauves, deux pupilles élargies par la stupeur. Un grand frisson comme un ras de marée secoue toute la Bête, des falaises de muscles se jettent les unes contre les autres, dans une apocalypse d’agonie, et tout est fini.

 

 

 

Je dérive lentement, bercé par les grincements de mon harnais. Philéas vérifie les nœuds qui me relient au ballonnet. Il semble content de son œuvre, perché sur mon dos comme l’hypocrisie sur les épaules d’un pape. Le monde au dessous de nous semble comme apaisé. Écartant ses draps d’ouate nuagère, le soleil se décide finalement à nous rejoindre, jusqu’au firmament, entraînant dans sa course une nuée d’oiseaux…

 

 

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